Le retour du loup légendaire : SNK rugit à nouveau
Après plus de vingt ans d’absence, SNK ressuscite sa série mythique. “Fatal Fury City of the Wolves” débarque enfin sur la scène des jeux de baston modernes, prêt à croquer “Street Fighter 6” et “Tekken 8”. Entre hommage à l’âge d’or Neo Geo et réinvention complète, le studio japonais signe un retour qui fait trembler les arènes du monde entier.
Le rugissement du passé : SNK et la renaissance d’un mythe
Il faut remonter à la fin des années 90 pour retrouver la trace de Garou: Mark of the Wolves, dernier chapitre de la saga Fatal Fury. À cette époque, SNK dominait encore les salles d’arcade avec sa Neo Geo et ses duels en 2D explosifs. Puis vint le silence : faillite, rachat, traversée du désert. Pendant plus de deux décennies, les fans ont hurlé à la lune dans l’attente d’un retour, d’un signe que Terry Bogard, Rock Howard et les autres figures légendaires reviendraient un jour sur le ring.
Ce jour est enfin arrivé. Fatal Fury City of the Wolves ne se contente pas d’être une suite : c’est une déclaration d’amour. SNK, aujourd’hui revigoré après les bons retours de King of Fighters XV, s’attaque à un monument, un pan entier de l’histoire du versus fighting. Et le pari est audacieux : comment faire revivre une saga culte sans trahir ses racines, tout en rivalisant avec les mastodontes modernes que sont Street Fighter 6 et Tekken 8 ?
Un héritage lourd à porter
L’enjeu est immense, presque écrasant. Fatal Fury n’est pas une simple licence ; c’est le berceau d’un style, une philosophie du combat. Là où Street Fighter imposait sa rigueur et Tekken sa 3D flamboyante, SNK avait son âme : des personnages charismatiques, une intensité dramatique, une approche viscérale du duel.
“City of the Wolves” renoue avec cet ADN tout en assumant son époque. Finie la nostalgie poussiéreuse : le moteur graphique flambant neuf propulse les combattants dans des environnements vivants, nerveux et stylisés. La direction artistique évoque à la fois la tradition anime et la patte Neo Geo, tout en flirtant avec une modernité à la Street Fighter 6 — preuve que SNK a bien compris son époque sans renier la sienne.
Le jeu s’ouvre d’ailleurs sur une cinématique d’introduction qui fait office de manifeste. Terry, Rock et compagnie ne sont pas là pour la gloire passée : ils viennent rappeler pourquoi SNK était une légende. Dès les premiers instants, on ressent ce frisson familier, ce mélange d’énergie brute et de respect pour l’histoire. Fatal Fury City of the Wolves ne cherche pas seulement à plaire, il veut marquer.

La rivalité relancée : SNK contre Capcom, round 2
Inévitablement, la comparaison avec Street Fighter 6 s’impose. Les deux titres se partagent la même arène de 2025 : celle d’un genre qui revient sur le devant de la scène. Mais là où Capcom a misé sur la démocratisation et le fun immédiat, SNK joue la carte de la passion brute.
Les coups s’enchaînent avec un feeling plus sec, plus tranchant. Les animations sont plus nerveuses, les impacts plus marqués. City of the Wolves n’a pas peur d’être exigeant : il s’adresse à ceux qui aiment sentir la tension, lire le jeu adverse, calculer chaque frame. Un choix courageux, qui rappelle les racines arcade du studio.
Et pourtant, le titre n’oublie pas les nouveaux venus. Une des grandes forces de Fatal Fury City of the Wolves est sa capacité à concilier technicité et accessibilité. Là où certains jeux de combat se perdent dans des systèmes labyrinthiques, SNK a trouvé l’équilibre parfait : les combos sont intuitifs, les mécaniques avancées (comme le “Rev System”) se dévoilent progressivement, et chaque personnage offre une courbe d’apprentissage gratifiante.
Un retour attendu comme un événement
Quand SNK a annoncé officiellement Fatal Fury City of the Wolves, l’industrie a retenu son souffle. Peu croyaient réellement à ce come-back. Et pourtant, à mesure que les trailers s’enchaînaient, l’enthousiasme montait. Entre le respect du lore, la qualité visuelle et la promesse d’un gameplay nerveux, tout semblait converger vers un même objectif : redonner à Fatal Fury la place qu’il mérite.
Et sur ce point, le pari semble déjà gagné. City of the Wolves ne se contente pas de ressusciter une licence ; il ressuscite une émotion. Celle d’une époque où chaque combat comptait, où la victoire se méritait à la sueur des doigts. On ressent cette passion dans chaque détail, dans chaque clin d’œil aux fans de la première heure.
Même les nouveaux venus peuvent se laisser happer par cet univers flamboyant, porté par des dialogues ciselés, une ambiance urbaine vibrante et une bande-son qui sent la poudre et l’essence d’arcade.
Un retour qui sonne juste
“Fatal Fury City of the Wolves” réussit là où tant d’autres revivals échouent : il ne cherche pas à copier le passé, mais à le prolonger. SNK signe ici une œuvre à la fois respectueuse et audacieuse, une passerelle entre générations.
Le studio japonais semble avoir compris que la nostalgie seule ne suffit plus. Il faut la transcender, l’injecter dans un moteur moderne, la nourrir de sincérité. Et à ce jeu-là, SNK frappe fort.
Les bases sont posées. Le loup est de retour, plus affamé que jamais.
La suite, c’est le combat — celui du gameplay, du cœur du jeu.

Le rugissement du gameplay : entre technicité et adrénaline pure
Un système de combat affûté comme une lame
Dès les premières minutes manette en main, Fatal Fury City of the Wolves dévoile sa vraie nature : un jeu de baston pensé par des puristes, mais conçu pour séduire un public large. Le gameplay est rapide, nerveux, précis. Chaque coup porté semble avoir du poids, chaque parade un sens.
SNK a toujours excellé dans cet équilibre entre accessibilité et profondeur, et cette nouvelle itération pousse la philosophie à son paroxysme.
Le système “Rev System”, fer de lance du jeu, introduit une nouvelle dynamique de pression et de contre. En simplifiant, il s’agit d’un mécanisme permettant de transformer un coup bloqué en contre-offensive, si le timing est parfait. Cela donne lieu à des échanges d’une intensité folle, où chaque frame compte.
Ce système redonne vie à la notion de “mind game”, ce duel mental propre aux jeux SNK. On lit l’adversaire, on le provoque, on l’appâte avant de le punir. Les vétérans s’y sentiront comme à la maison, tandis que les novices comprendront vite la richesse de ce ballet stratégique.
Mais ne vous y trompez pas : City of the Wolves n’est pas un jeu punitif. Les commandes répondent au doigt et à l’œil, et l’exécution est fluide. Les combos sortent naturellement, sans ce sentiment de rigidité que l’on pouvait reprocher à certaines productions de King of Fighters. On sent que SNK a appris de ses erreurs et affiné sa formule.
Des sensations manette en main qui décoiffent
La première chose qui frappe, c’est la violence visuelle des impacts. Chaque coup semble mordre la chair, chaque projection secoue l’écran. Là où Street Fighter 6 a choisi une direction artistique colorée et presque cartoon, SNK opte pour un rendu plus rugueux, plus viscéral.
La caméra bouge légèrement lors des coups spéciaux, les effets de lumière accompagnent la puissance, et le son… ah, le son ! On retrouve cette brutalité si typique de la Neo Geo : claquements secs, cris viscéraux, ambiance électrique.
Les super moves — véritables signatures de la saga — sont magnifiquement mis en scène. Les enchaînements de Rock Howard et Terry Bogard sont dignes d’un anime, avec des ralentis bien placés, des particules flamboyantes, et ce sentiment d’accomplissement total lorsqu’on clôt un match par un finish parfait.
Des personnages riches et bien équilibrés
Le roster de départ, composé d’une quinzaine de combattants, est un modèle d’équilibre. On retrouve évidemment les figures mythiques comme Terry Bogard, Rock Howard, B. Jenet, Hotaru Futaba, ou encore Tizoc, mais aussi de nouvelles têtes qui viennent moderniser l’univers.
Chaque personnage a bénéficié d’un soin particulier dans son design et ses animations. Le style visuel mêle réalisme stylisé et héritage animé, offrant un rendu à mi-chemin entre le cell-shading et la 3D brute.
Les nouveaux venus ne sont pas de simples remplissages : ils apportent de véritables mécaniques inédites. Certains misent sur la mobilité aérienne, d’autres sur la gestion du timing ou de la distance. Ce renouvellement constant du rythme rend chaque affrontement unique.
L’équilibrage est d’ailleurs l’une des grandes réussites du jeu. Contrairement à certaines itérations passées, aucun personnage ne semble “cassé” ou inutile. Chaque combattant a ses forces et ses faiblesses, et le skill du joueur prime avant tout. C’est cette justice du gameplay qui fait de City of the Wolves un véritable jeu de compétition.

Une direction artistique inspirée et pleine d’identité
Visuellement, Fatal Fury City of the Wolves marque un tournant pour SNK. Exit les textures ternes et rigides de KOF XV : ici, tout respire la modernité et la personnalité. Les arènes sont pleines de vie — qu’il s’agisse des ruelles de South Town baignées de néons, des docks industriels sous la pluie, ou de la mythique King of Fighters Arena où chaque détail claque à l’écran.
Les animations sont d’une souplesse remarquable. On sent que chaque frame a été peaufinée, chaque mouvement calibré pour la lisibilité. Même dans la frénésie, on ne perd jamais le fil de l’action.
Les effets spéciaux, quant à eux, évoquent la “baston animée” : éclats lumineux, coups d’énergie, ralentis spectaculaires… Le tout sans jamais nuire à la clarté visuelle. C’est un équilibre que peu de jeux atteignent.
Une bande-son qui réveille les fantômes de la Neo Geo
Impossible de parler de Fatal Fury sans évoquer sa musique. Et ici encore, SNK a frappé juste. La bande-son de “City of the Wolves” est une pure claque auditive : mélange de jazz urbain, de rock synthétique et de sonorités rétro qui évoquent l’époque Neo Geo sans tomber dans la caricature.
Chaque personnage dispose de son propre thème, réarrangé avec brio. Celui de Rock Howard, par exemple, conserve son ADN mélancolique tout en gagnant une puissance orchestrale moderne.
Les bruitages, eux, sont d’une précision chirurgicale : le claquement d’un gant, le craquement d’un impact, le souffle d’un saut… tout concourt à une immersion totale.
Les doubleurs, japonais et anglais, livrent une performance habitée. Les punchlines claquent, les répliques ont du mordant. Et ce mélange entre sérieux et second degré – typiquement SNK – fonctionne toujours aussi bien.
Une technique solide, digne de la nouvelle génération
Sur le plan technique, Fatal Fury City of the Wolves tient ses promesses. Sur PS5 et Xbox Series X, le jeu tourne en 4K à 60 images/seconde stables, avec des temps de chargement quasi inexistants. Le moteur maison de SNK, dérivé de celui de Unreal Engine 5, offre un rendu propre, fluide et homogène.
Les textures sont nettes, les effets de particules gérés avec élégance, et l’éclairage dynamique sublime certaines arènes nocturnes.
Sur PC, le portage est d’une stabilité exemplaire : pas de crash, pas de souci d’optimisation majeur à signaler. Les options graphiques sont nombreuses et permettent d’ajuster la performance selon la configuration.
Mention spéciale au mode entraînement, l’un des plus complets du genre. Les joueurs peuvent analyser chaque frame, simuler des situations, et même sauvegarder des séquences de combo pour s’entraîner contre elles. C’est une bénédiction pour les compétiteurs.
Un souffle d’intensité rare
En un mot : Fatal Fury City of the Wolves est vivant. Chaque affrontement transpire la passion. On sent la sueur, la rage, la précision du geste.
SNK ne cherche pas à séduire tout le monde, mais à parler à ceux qui aiment les jeux de combat pour ce qu’ils sont : des duels de maîtrise, de lecture et d’instinct.

Un rugissement pour une nouvelle ère : contenu, communauté et verdict final
Un contenu solide et généreux
Si Fatal Fury City of the Wolves brille déjà par son gameplay et sa réalisation, il ne néglige pas pour autant le contenu. SNK a compris qu’un jeu de combat moderne ne peut plus se contenter d’un mode Versus et de quelques cinématiques. Ici, tout respire la générosité.
Le mode Histoire retrace le destin entrecroisé de plusieurs personnages majeurs, dans un ton plus narratif qu’à l’accoutumée. Chaque arc est illustré par des dialogues doublés, des cutscenes stylisées et des affrontements scénarisés. Ce n’est pas un “story mode” à la Capcom, mais une approche plus intime, centrée sur l’évolution des protagonistes — notamment Rock Howard, tiraillé entre héritage et liberté.
Le mode Arcade conserve quant à lui le charme classique de la série, avec des rivalités réécrites et des fins alternatives.
SNK propose aussi un mode Entraînement ultra-complet, digne des références du genre. Les options d’analyse y sont d’une précision chirurgicale : frames, hitboxes, data en temps réel, et même un module de replay avancé pour décortiquer ses erreurs.
Les joueurs compétitifs y trouveront un terrain de perfectionnement rêvé.
Enfin, le mode en ligne est clairement l’un des points forts du titre. Grâce au rollback netcode, les matchs sont d’une fluidité exemplaire. Même à longue distance, les combats conservent leur intensité, sans ralentissement ni désynchronisation notable. C’est un soulagement, et surtout un gage de sérieux de la part de SNK, souvent critiqué sur cet aspect dans le passé.
Un jeu pensé pour durer
SNK n’a pas l’intention de laisser “City of the Wolves” s’éteindre après quelques mois. Le studio annonce déjà une feuille de route ambitieuse, avec de nouveaux personnages, arènes et modes de jeu prévus sur l’année. Des tournois officiels, des collaborations cross-over (avec KOF notamment), et des mises à jour d’équilibrage régulières sont déjà dans les tuyaux.
Cette vision à long terme démontre que SNK veut réinstaller durablement Fatal Fury dans le paysage compétitif mondial. Et au vu de la réception de la communauté, le pari semble bien engagé : les joueurs redécouvrent une licence à la fois mythique et actuelle, soutenue par un suivi constant.
Des limites assumées
Tout n’est pas parfait, évidemment. On pourrait reprocher au jeu un casting initial un peu restreint face aux géants du genre, ou un manque de contenu cosmétique comparé à Street Fighter 6 et ses milliers de personnalisations.
Certains joueurs trouveront peut-être la direction artistique trop sage, manquant parfois du grain de folie qui caractérisait l’ère Neo Geo. D’autres regretteront l’absence d’un vrai mode “World Tour” à la Capcom, qui aurait pu étendre la rejouabilité solo.
Mais ces limites, honnêtement, relèvent plus du luxe que du défaut. Car le cœur du jeu — le combat pur — fonctionne à la perfection. Et dans un monde où trop de titres se perdent dans la superficialité, City of the Wolves préfère concentrer sa force sur l’essentiel.

Verdict : le rugissement du renouveau SNK
Fatal Fury City of the Wolves n’est pas un simple retour : c’est une renaissance. Celle d’un studio qui, après avoir longtemps erré, retrouve son âme. Celle d’une licence qui, loin d’être figée dans le passé, reprend sa place parmi les rois du ring.
SNK prouve ici qu’il est encore capable d’allier respect du patrimoine et modernité technique.
Le jeu réussit à rappeler aux anciens pourquoi ils sont tombés amoureux de la baston, tout en donnant envie aux nouveaux venus de mordre à leur tour.
Entre gameplay d’orfèvre, réalisation soignée, contenu généreux et ambiance électrisante, Fatal Fury City of the Wolves s’impose comme une lettre d’amour à l’arcade et une déclaration de guerre aux géants du genre.
Face à Street Fighter 6 et Tekken 8, SNK ne joue pas la nostalgie — il joue la conviction. Et cette conviction, on la ressent à chaque round.
Le loup est de retour.
Et il n’est pas venu pour hurler : il est venu pour régner.
- Un gameplay inspiré de Garou: Mark of the Wolves, plus profond et plus raffiné que jamais.
- Une accessibilité accrue qui permet aux nouveaux venus de s’amuser sans trahir la technicité d’origine.
- Des combats d’une fluidité exemplaire, aussi nerveux que précis.
- Une réalisation visuelle éclatante : effets, lumières et couleurs subliment chaque affrontement.
- Une direction artistique percutante, entre héritage Neo Geo et modernité assumée.
- Un roster varié et équilibré, où chaque personnage offre un style de jeu distinct.
- Des décors riches et dynamiques, qui renforcent l’immersion dans l’univers de South Town.
- Des musiques mythiques revisitées avec brio pour cette nouvelle génération.
- Une multitude de références aux classiques SNK, notamment à Art of Fighting.
- Un netcode rollback d’une stabilité exemplaire, garantissant des duels en ligne impeccables.
- Cristiano Ronaldo, une idée amusante sur le papier, mais un personnage mal exploité et sans réel impact en jeu.
- Une mise en scène trop minimaliste dans le mode Histoire, qui manque cruellement d’intensité dramatique.
- Une narration figée en images fixes, loin du dynamisme visuel qu’on attend d’un retour aussi prestigieux.

